dimanche 19 avril 2009

Un autre mythe moderne : le développement durable

Il n'y aura plus de développement durable. Oubliez ça, c'est fini. On y a cru longtemps. Beaucoup veulent encore y croire. Certains y croiront jusqu'à la mort. Mais cela n'est plus possible à l'examen lucide.

Rétrospectivement qui pourra dire qu'il n'y aura jamais eu, en fait, de développement vraiment durable!? Durable comment ? Rien ne dure éternellement. Mais on se berce de mots parce qu'il y a intérêt : intérêts à court terme, envie de lucre, avidité, instinct de conservation dans des positions de pouvoir dont l'apparence de solidité tient à l'intimidation.

À long terme tout le monde est mort et tout est fini mais en attendant et tant qu'il y a un peu de vie donc d'espoir aussi factice soit-il, on peut encore dégonfler quelques mythes.

L'exploitation sans frein des ressources matérielles, physiques du globe, nous privera bientôt de l'essentiel. Prenons l'exemple des métaux. Bientôt il n'y aura plus d'argent, le métal, à prospecter. Il en reste pour moins de 12 ans aux taux de consommation actuels par l'industrie ; pour le zinc, c'est 16... et ainsi de suite. Il paraît qu'il y a de l'or dans les voûtes... Allez-y voir !

Pendant un temps "on" pourra récupérer les vieilles carcasses, pour retaper les machines de guerre encore performante, un moment encore et jusqu'à la victoire finale... par défaut sans doute et du dernier prétendant à la domination d'un monde en ruine.

Le capitalisme aura donné alors son aboutissement ultime. Non plus une "immense accumulation de marchandises" mais une fois les boîtes ouvertes, les emballages-cadeau éventrés, le vainqueur trônera sur un gigantesque amoncellement de décombres.

La seule façon d'éviter cette catastrophe serait de se mettre dès à présent à gérer la décroissance. Mais nous ne voyons toujours rien venir et nous allons frapper le mur bientôt, bien trop tôt : en pleine gloire !!!

vendredi 17 avril 2009

joie et vp

progr. de construction : printemps émotions euphorie volonté de puissance brusque expansion joie orgasme et liberté

la joie est l'émotion par excellence du printemps c'est l'éclatement possible d'une nouvelle liberté un oiseau sort du nid et apprend à voler les cœurs se dilatent à la chaleur comme ce métal qui répond à l'amour

le moyen-âge grec Athènes et les dionysies peur des doriens

montée de la nouvelle sève passages de l'animal à l'homme de l'homme au divin...

Cet autre truc aussi est programmé depuis longtemps, mais je ne suis pas encore parvenu à le terminer. Misère ! Une chance encore que je puisse reprendre les morceaux et corriger les fautes.

lundi 13 avril 2009

Un pas vers plus de liberté...

En ce beau printemps, il faut réagir... Il faudrait... mais renaître ! Voilà ce qui serait digne d'un phénix, c'est-à-dire d'un vrai, véritable vivant. Même le serpent change de peau, le corbeau déploie ses ailes mais l'aigle monte plus haut, porté encore par les courants ascendants. Réagir ? Non, mieux, agir... pour faire face et refuser l'enfermement. Dans des tâches, dans un couple, un enfer partagé, une situation intolérable.

Chaque jour lorsque je me lève, souvent... il est trop tard pour partir du bon pied mais... les premiers pas restent toujours rattrapables ! Parce que tant que nous ne sommes pas mort, donc avant le dernier pas vers la tombe, une chance nous est offerte de changer notre vision, d'ouvrir notre esprit à de nouvelles dimensions, de dilater notre cœur pour l'amour retrouvé. Il restera toujours la chance d'un sourire ou de goûter du miel avant le plongeon final ou la fermeture définitive des lumières.

Chaque jour la chance nous est offerte de devenir meilleur. La marge de manœuvre apparaît bien petite lorsque la pression et l'urgence des tâches est la plus grande, mais sitôt que nous sommes de loisir, ne serait-ce qu'une minute, une chance ne nous est-elle pas donnée de philosopher, comme dirait Socrate!?

Le sommeil nous aide déjà beaucoup à reprogrammer nos pensées. C'est pourquoi il est sacré. Quiconque s'attaque à notre sommeil s'attaque à la fibre même de notre être. Mais comment prendre le contrôle de nos rêves ? Et comment agir dans le sens d'accroître l'espoir, d'augmenter la force de tenir nos engagements, de renforcer le courage de tenir, l'audace de faire reculer le mur des impossibilités ?

La méditation, sur notre être dans une juste posture ; le contrôle de la respiration, la régulation des rythmes de l'organisme et de la circulation du sang, une excellente oxygénation du cerveau installe la base d'une plus grande clarté et force de penser. C'est un yoga (mot qui signifie l'union du physique-organique avec le mental et le vouloir, capacité transcendante qui pourrait donner l'esprit).

C'est la base d'un renforcement du caractère humain aux capacités émergentes d'esprit à partir d'une reprise de contrôle de notre organisme animal, sujet à toutes les influences. Et c'est le premier pas d'une démarche de liberté, où les début de la réflexion sur notre être, en intériorité, et sur les atteintes du monde, selon les affects qu'il nous cause et informations que l'on trouve, en extériorité se conjuguent dans l'effort de synthèse qui transforme notre réflexion jusques et y compris vers l'autoréflexion de telle manière que nous savons de plus en plus de quoi il s'agit quand on parle des problèmes du monde et que nous connaissons mieux la place que l'on y occupe, ainsi que ce que nous voulons.

De savoir ce que nous pouvons et où sera notre action dans ce monde que nous voulons nôtre, de plus en plus vivable, et ouvert pour tous, dont il faudra cependant contrôler le nombre par une régulation réfléchie de la reproduction, permettant les ressources nécessaire au développement qualitatif des êtres libres que nous sommes. Voilà ce que je souhaite aux héritiers de ce monde et successeurs des dinosaures.

--Mais je ne suis pas en contrôle: pourquoi ai-je besoin encore de boire de la bière pour enfin finir par l'écrire ce truc!?

jeudi 9 avril 2009

insurmontable - assumer ?

Le fait que les mégatonnes s'accumulent sur nos têtes, virtuellement nucléaires et réellement en carbone dans l'atmosphère et modifiant le climat dans le sens du réchauffement que l'on commence à mieux comprendre ou croire... est écrasant. Cela semble un obstacle plus que jamais et je dirais même plus de plus en plus insurmontable pour la liberté qui, de type sartrienne, cherche indéfectiblement à s'assumer.

Assumer, encore, le pouvons-nous ? La position sartrienne est-elle périmée, elle-même dépassée parce que, comme le disait L.-F. Céline, le couvercle est sur le bocal ? Cette Lettre ouverte à l'agité du bocal est d'une suavité qu'il me faut reconsulter. Une conception du sujet humain basée essentiellement sur la liberté relative de l'affrontement, déchiffrée par les dialectiques attentives au terrain, se retrouve, de facto, en difficulté.

Les considérations de la simple survie en viendront, tôt ou tard, et mieux vaut plus tôt que plus tard... à dicter les possibilités de l'action. Et non plus les principes évolués de la recherche philosophique.

Nous sommes sous la fausse impression que nous avons du temps, la vie est confortable, un peu partout en occident, du moins. Nous avons encore le loisir de nous asseoir et de réfléchir, aux problèmes urgents, par exemple, et globaux... Mais justement parce que notre vie est, encore!, confortable parce que nous n'en savons pas assez, nous ne le faisons pas, nous n'en voyons pas l'utilité parce que nous ne ressentons pas l'urgence.

Nous aurions maintenant la chance de voir venir, mais nous ne sommes pas éveillés et ne nous soucions pas des lendemains. Recette parfaite pour une catastrophe, un effondrement et un massacre. Tout cela à la suite mais peut-être dans le désordre.

[Selon mon intuition phénoménologique panique je dirais que la catastrophe vient probablement avant le massacre parce que personne de grand pouvoir n'est encore assez fou pour déclencher cette catastrophe humaine que l'on nomme massacre. L'effondrement viendra lorsque nous ne pourrons plus nourrir le monde. Les gens. La masse. Le populo. La grande masse du peuple aura trop faim : c'est alors que commenceront les massacres.]



Cela sera intéressant d'observer le déboulement car la vie sera alors plus mouvementée, pour ceux qui peuvent encore se bouger… Les autres… bien, on n'aura plus les ressources pour s'en occuper et complètement les prendre en charge. Moi je me programmais une vieillesse heureuse… et longue… et sereine. 100 ans j'avais pensé. Je me croyais assez bon pour 100 ans !

>Bien, j'en ai à peine fait la moitié mais je me vois maintenant obligé de revoir mes plans. Est-il besoin de le dire : à la baisse ! J'ai 55 ans cet été. Dans trente ans, il y aura toute sorte de situations locales mais globalement "on" ne pourra plus nourrir qu'une faible partie de la population actuelle. Donc il est plus réaliste de penser que je ne serai pas du nombre, que je ne ferai donc plus partie de la population vivante.



Et vous, quels sont vos plans pour l'avenir ?! ...

Bonne chance à tous !

samedi 4 avril 2009

mégatonnes

Nous ne savons plus de quoi, tant lourdement elles s'empilent, ni desquelles il faut le plus se méfier : de TNT équivalent nucléaire ou gaz à effet de serre. De toutes les manières les mégatonnes nous enterrent. A terme nous sommes finis, comme n'importe quel être vivant, c'est normal, mais finis : détruits : comme une espèce qui enterre toute une histoire ... ??? Cela excède l'appréhension d'un simple individu, cela excède l'expérience et l'importance d'une vie. Une seule vie...

Pourtant, il n'y a que ça, en balance, avec l'infini, ou le néant, ou la fin : bien trop lourd : une vie !

L'infini, seulement virtuel ; le néant, bien trop proche, concret! ; la fin, programmée, attendue, prévue, sentie... pensée ? "Philosopher c'est apprendre à mourir..." Engagez-vous, ils disaient...

Retrouver son équilibre quand la tête tourne à ce point !... Cette crise pas seulement économique, assez gaspilleuse en fait, nous montre pourtant que le tapis nous glisse sous les pieds. Mais c'est encore pire et nous ne voyons pas le problème.

Si nous sommes fichus, comment puis-je continuer à vivre, comme si de rien n'étais !?... Si le temps nous est compté comme espèce, alors je sais que dès maintenant tout est faux ! Le moins que l'on puisse dire c'est que les règles ne sont point à jour. Et comment vivre avec cette conscience, comme si de rien n'étais ?

Il faut chercher à faire quelque chose mais pratiquement tout tient à la possibilité d'éveiller les autres. Pourtant ils me stigmatisent comme un exclu, l'intensité même de ma conscience me rend suspect pour eux. Et je peux difficilement leur parler alors qu'ils abandonnent les plus grandes puissances du langage.

Dilemme.

Pratique..

Existentiel...

Ah..

Ahhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!

samedi 28 mars 2009

nuit

La nuit de l'incompréhension, la nuée de l'incertitude, la ténèbre du non-savoir, je vis et respire dans l'attente, cœur inquiet resserré, retenu, contenu dans l'espace restreint de l'indétermination où je suis acculé à l'infortune. Un mauvais pressentiment me taraude. Je ne sais pas ce qui adviendra de nous mais je crains les pires extrémités. Et je ne sais pas ce qui adviendra de moi.

Si nous continuons comme ça, nous allons frapper le mur environnemental, fait de catastrophes climatiques annoncées, le régime des pluies se modifiera, entraînant de graves sécheresses dans plusieurs régions actuellement productives, tant et si bien que nous ne parviendrons plus à nourrir de larges populations. Je crains bien que dans trente ans il ne pourra plus subsister sur terre et ce, dans des conditions horribles ou misérables, qu'une toute petite partie de la surpopulation actuelle : je prévois que le nombre de nos congénères passera au-dessous de 10% des sept milliards que l'on compte maintenant. Probablement moins des 700 millions... on oublie trop facilement qu'il faut pouvoir nourrir tous ces gens.

La dixième partie, seulement, de nos descendants, survivra, ce qui fait pire que neuf fois décimer les troupes. On se souvient, en effet, que la décimation --comme le mot l'indique : (un sur) dix, le dixième (homme)-- était une pratique cruelle pour contraindre à la discipline dans les légions romaines : quand un corps de troupe était jugé coupable d'une faute grave, ou d'un manquement, au cours de la bataille ou plus généralement dans le service, occupation, blocus, etc., bien ledit corps de troupe était déployé régulièrement, les soldats au garde-à-vous mais désarmés, et les centurions, décemvirs et autres officiers défilaient dans les rangs, plongeant leur glaive dans chaque dixième poitrine.

J'ai bien des difficultés à me représenter la scène et je me demande, pas trop longtemps, comment ils s'y prenaient. En revanche, je me représente très bien comment on en arrivera à ne plus pouvoir normalement habiter la surface des continents. Mais lorsque je parviens à trouver le sommeil je dois confesser que je n'ai pas encore de ces horribles cauchemars, annonciateurs de ceux qui deviendrons réels.

Pour éviter ce futur horrible il faudrait une vaste poussée, coordonnée, agissante, des meilleures volontés, guidées par un plan lucide, clairvoyant, informé et attentif à toutes les causes de nos malheurs. Le seul problème étant que nous ne voyons pas encore le début d'une trace d'un tel plan d'ensemble. Les projections de l'entente dite de Kyoto sont largement dépassées, cette tentative est un échec qui montre l'incapacité des États, des nations, des peuples à s'entendre pour produire des efforts concertés.

Encore une fois, cela sera la guerre, une série de guerres de plus en plus sales, qui tranchera. Les guerres de l'eau sont déjà commencée : regardez en perspective ce qui se passe maintenant au Moyen-Orient. La course aux ressources des États mobilisés s'accélérera et l'augmentation des tensions éclatera en conflits de diverses intensités. Si le monde se défait, il n'y aura plus de guerre mondiale, à proprement parler, mais le nom même du monde, entrant en convulsions, sera guerre.

Dans ma nuit de l'inconnaissance je m'inquiète en pure perte. Peut-être le bruit se répand qu'il faut faire quelque chose. Peut-être trouverons-nous le temps de trouver des solutions...

Car cela reste une histoire à suivre : pas le choix, c'est la nôtre !

jeudi 26 mars 2009

fébrilités

Il y a accélération mais surtout fragmentation de l'expérience. La vie personnelle se détache en plusieurs portions et l'on n'arrive plus à recoller les bouts, on n'arrive plus a en coordonner un ensemble, on n'arrive plus à en produire du sens. Si bien que souvent "on" n'arrive plus à faire proprement et vivre comme une personne. Plusieurs rôles sollicitent et plusieurs visées usurpent à tour de rôle l'usage, l'exercice du poste de pilotage, tant et si bien qu'il y a des morceaux de plan, des tactiques, mais qu'il ne semble plus y avoir manifestation suivie d'une stratégie.

Il se produit une série d'explosions d'images, fragmentations des connaissances, des savoirs, des perceptions en une multiplicités de détails qui ne donnent plus un tableau d'ensemble. L'image du monde se décompose, sans déconstruction, en beaucoup de regards et plus vite, plus radicalement que l'effondrement prévisible de notre monde réel.

La conscience est éclatée, prélude à l'éclatement réel des sociétés ?

Dans l'angoisse la peur reprend le poste de commande et dicte des gestes précipités, des refus, des fermetures. Elle interdit d'élargir la compréhension et mine les leviers de la transformation dans l'agir. Nous sommes alors dans un danger qui provient de toutes parts, se présente sous des formes variées et nous atteint au plus profond. Ce qui devient finalement le plus à risque est la possibilité même d'une âme.

lundi 23 mars 2009

désarroi

La réflexion sur le sujet post-moderne prend conscience de sa très grande fragilité. En fait, s'il existe encore et/ou si l'on peut encore prétendre en asseoir une représentation, établir une théorie ou explication de ses structures, on est amené à le qualifier de faible et inconstant, épisodique ou fluctuant, versatile mais sans point de repères et le plus souvent participant, pieds et poings liés, à un vaste procès sans sujet: le Capital, apparemment, étant la seule forme actuelle de grande totalité en action.

Je me suis longtemps répugné à l'admission de cette défaite du sujet que représente l'accès, je dirais plutôt la chute, à l'ère post-moderne. "Post-merde" m'écrivait un ami, Jean-Marc Lemelin (cf., par exemple, recherche google : "pragrammatique"), dans une lettre personnelle du début des années 90. Mais il a fallu se rendre à l'évidence, une confluance de forces, facteurs et événements ont précipité la conscience d'une
perte généralisée de sens et de puissance dans le sentiment que chacun pouvait prendre de sa vie personnelle dans sa recherche d'autonomie mais aussi dans sa participation, volontaire mais aussi imposée et par défaut, aux vastes ensembles qui modèlent l'espace et les modalités de l'expérience.

Certains, réagissant à ce décor désolé, saisissaient l'occasion de nous présenter une nouvelle image de la liberté et proposaient les rebondissements d'un
sujet en procès, virtuose et créatif, performant autant dans les domaines de l'action et de la séduction que dans celui de la pensée ou du moins du discours sinon de la théorie. Cette dynamique est assimilable aux noms de Philippe Sollers et Julia Kristeva, qui regroupaient une chouette équipe autour de la revue Tel Quel jusqu'à sa transformation en L'infini et le passage à un nouvel éditeur, des éditions du Seuil aux éditions Gallimard au début des années 1980.

Selon une conceptualité inspirée de la pensée nietzschéenne, il s'agit de la position du nihilisme actif qui est excellement illustrée ici. Force est de constater que le nihilisme devient pas mal plus passif chez un auteur plus tard venu encore, Michel Houellebecq, mais la part active est représentée par l'envol imaginaire qui verse régulièrement dans la science-fiction : la porte de sortie, le futur alternatif qui peut, à la rigueur, tenir lieu d'utopie.

Mais les figures de l'utopie, de l'imaginaire, de la science-fiction et ses futurs alternatifs, de toutes portes de sorties virtuelles, fuites dans l'imaginaire, dirait Sartre, et qui témoignent, dirait Fredric Jameson, de notre incapacité à imaginer des alternatives réalistes voire même des changements réels à notre condition apparemment sans espoir, tout cela en toutes ses variantes sont absolument nécessaire pour maintenir le potentiel à tout le moins disponible de la capacité d'invention d'une importance vitale pour faire face aux crises qui, de notre fait, nous pendent, collectivement et massivement, au bout du nez.

Y a-t-il d'autres voies à explorer, d'autres entreprises, de réforme ou de recherche, à développer pour regonfler à tout le moins le moral d'un sujet devenu, sur le plan pratique autant que sur le plan théorique, hautement problématique ? Appel à tous ! La question est au moins posée et toutes les suggestions, propositions, solutions?... sont bienvenue. Je vous écoute.

À bientôt, cher dinosaures... et quelques oiseaux qui nous observent ?! J'attends vos messages, foisonnant ! J'espère, mais je ne mets pas tous mes "oeufs" (de Pâques!) dans le même panier et je continuerai néanmoins ma réflexion.

Pour maintenant, meilleures salutations !

mercredi 18 mars 2009

croissance et histoire

La croissance est un mythe, peut-être le mythe moderne le plus important, dans ses effets réels, en tout cas, sinon dans sa puissance d'attraction symbolique. Il est prépondérant dans le domaine de l'économie. Cette notion est devenue un dogme que de trop rares penseurs (pour ne pas parler des économistes --mais l'économie est une chose trop importante pour être laissée aux mains des économistes !--) osent remettre en question.

Mais un examen de l'histoire à tête froide nous indique que diverses situations se produisent. Des fois un certain type de croissance sera possible, voire nécessaire. Mais à d'autres moments elle sera néfaste voire impossible. Il serait intéressant de produire quelques exemples, ici, tirés, pourquoi pas, de la Critique de la Raison Dialectique de Jean-Paul Sartre.

Ce mythe moderne aggrave la perception de la crise actuelle mais aussi la sévérité de ses effets réels, comme il ne serait pas difficile de le montrer. Mais nous nous trouvons dans une situation où, historiquement, comme à la croisée des chemins, nous ne pouvons plus supporter de continuer à sacrifier à ce mythe.

Il y a déjà un certain temps que les écologistes les plus sérieux nous démontrent que cette croissance est néfaste et les plus récentes données sur les changements climatiques semblent corroborer leur démonstration par la sanction pratique du réel. Je crois qu'il est devenu assez évident que nous ne pouvons plus poursuivre cette croissance, "la" croissance à tout prix, du moins, par ce type de croissance : parce qu'elle est 1) quantitative, 2) aliénante, 3) gaspilleuse et 4) finalement destructrice.

1) Quantitative. Elle est mesurée par le Produit Intérieur Brut (Gross Domestic Product, GDP pour les intimes), le fameux PIB, et ce, même s'il implique de produire plus d'armes, plus de pollution, plus d'inconvénients et de maladies, plus de problèmes et de malheurs. Machine sans âme, c'est bien en cela qu'elle est purement quantitative, complètement indifférente au bien comme au mal, ainsi qu'à toute considération de qualité de vie dans l'habiter humain.

2) Aliénante. Elle se fait et se produit au détriment de la dignité et du développement de l'éducation et des capacités humaines du plus grand nombre, des producteurs comme des consommateurs. Elle mise sur le développement des besoins souvent les plus bas et les plus vils, encourage même les vices et les pires tares qui puissent se trouver dans la culture au sens large et dans le répertoire comportemental humain. Cette "croissance", globalement, se nourrit des défauts de la masse des individus, les isole davantage et les rend plus insatisfaits, mécontents d'eux-mêmes et des autres, plus dépendants aussi et plus faibles : malheureux.

3) Gaspilleuse. Tout cela se fait à grands frais de ressources rares et/ou non renouvelables.

4) Finalement destructrice. Cette croissance mauvaise produit toujours plus de pollution, plus d'armes qui vont finir par être utilisées dans des guerres de toutes sortes, va donc détruire à la fin du processus plus de vies, de terres arables et fertiles nécessaires à nourrir les populations, pour finir par mettre en danger de plus en plus radicalement toute vie humaine sur la terre.

Cette croissance économique, quantitative et unidimensionnelle (que je caractérise comme classique, en référence et non révérence aux théories économiques classiques) mise sur l'accroissement continuel de la population, pour augmenter sinon la masse des producteurs, du moins celle de consommateurs afin de relancer la machine en complétant le cycle du capital.

Mais ceux qui réfléchissent commencent à s'apercevoir que finalement, il est absurde de viser un accroissement de la population alors que les ressources non renouvelables sont dilapidées et que nous ne sommes plus en mesure d'assurer la survie à long terme de ces populations qui deviennent ainsi rapidement excédentaires.

Il serait plus conforme au simple bon sens de chercher à stabiliser la population alors que ces problèmes qui confrontent la masse des gens s'intensifient et se multiplient.. Cela serait un bon premier pas dans la direction d'une reprise en main par l'humanité de son destin. Cela serait, en fait, la véritable naissance du sujet humain, comme sujet de son histoire, cela dans une civilisation que s'assure de durer, inaugurant ainsi tout un nouveau cycle de développement.

En attendant que nous commencions à prendre de meilleures décisions, je vous souhaite à tous bonne chance, alors que les dinosaures continuent de surveiller la comète.

samedi 14 mars 2009

philosopher par gros temps

Philosopher à l'ère des catastrophes... Cela n'est pas évident. Dans les époques de calme apparent la préoccupation philosophique, le souci des "grandes questions" passe facilement pour une sorte de maladie mentale et déjà Aristote avait ses théories sur la mélancolie des hommes de génie. Mais c'est une création de la tradition philosophique occidentale que de considérer que l'histoire humaine est une et de bout en bout.

Et vous, n'avez-vous pas l'impression qu'il serait intéressant de savoir à quel bout nous en sommes ? Dans l'époque où nous sommes, celle des catastrophes approchantes et qui plus est, pour ce que nous en savons, catastrophes qui sont de notre propre fait, dans l'étalement massif de notre style de civilisation.

Ni au début, peut-être pas à la fin mais... au beau milieu d'une crise qui est plus qu'une simple crise de croissance, plus qu'une crise du concept même de la croissance : les économistes clairvoyants, comme les écologistes nous disent que la croisssance, telle du moins que nous la connaissons, n'est absolument pas soutenable.

Il n'est vraiment pas exagéré de dire que cette crise, que je croyais jadis être celle de l'adolescence de l'humanité est, plus exactement une crise existentielle où c'est la question de la poursuite dans l'existant qui est posée, soit le mode panique de la question souvent trop "pausée" de l'être. Le thème du tragique, ici, de l'existence humaine dans cette histoire sur cette planète, pas la seule et de loin!, est celui introduit par le génie sensitif que fut William Shakespeare. Mais la traduction qu'on nous propose est édulcorée, elle-même faite à partir du passage original en anglais où la ponctuation est défectueuse, ce qui détruit la radicalité du sens de la question qui est posée. Nous croyons qu'il faille lire :

"Être ou ne pas... mais être!, oui, voilà ce dont il s'agit !" C'est le moment crucial de la décision d'être, largement volontariste, qui voit la naissance du sujet moderne qui selon nous traduit plus nettement le problème posé par l'énoncé anglais à la ponctuation correcte : "To be or not... To be! That is the question!"

"The question" pas dans la sens contemplatif de l'intellectuel parisien, mais "l'affaire" en question, dans le sens hyperactif du businessman londonien.
Dans cette scène, qui tente de reprendre et d'assumer son être presque au niveau du choix originel, Hamlet se décide de combattre : pour récupérer l'exercice du pouvoir, il met ses fantômes derrière lui et se détermine à "vouloir le rien plutôt que de ne rien vouloir", ce qui est la définition selon Nietzsche du nihilisme actif.

Il y a plus de trente ans que je me tue, littéralement, à dire que la question qui se pose à cette époque où j'ai eu la chance de naître est une question existentielle de la décision d'être mais pour toute l'humanité, et je l'ai fait avec mes obscurités, quitte à m'engager dans une vie personnelle malheureuse. (Avec obsession sexuelle mais tristement incapacité à communiquer mon désir). Voilà pour la confession personnelle.

Mais aujourd'hui, où nous nous trouvons au-dessous de toute vérité, tant que cette question n'aura pas été nettement posée et en partie résolue, il est tout à fait légitime de dire : je vis ici et maintenant et puisque dans trente ans il est devenu inévitable que s'installe l'enfer sur terre, où ne survivra pas même 10% de la surpopulation actuelle (parce qu'il faut nourrir tout ce monde, alors qu'il n'y aura même plus assez d'eau à boire!) mon plaisir, aussi trash soit-il est la règle absolue de ma conduite.

Cette position de nihilisme subjectif, sous-variante d'un nihilisme actif, est aujourd'hui beaucoup plus répandue que l'on ne pense. Les discours officiels et les institutions perdurantes (c'est leur fonction) excluent l'expression de cette véritable stimmung de l'époque mais ne peuvent rien contre sa dominance. Mes sympathies en passant pour ceux qui trouvent encore la ressource de faire des enfants et de s'en occuper.

Philosopher aujourd'hui, oui mais, pourquoi : pour guider l'action ou pour justifier la destruction ? La seule chose qui m'est certaine c'est que l'on ne s'en tirera pas sans l'une et l'autre. Nous allons voir, dans les années qui viennent, entre autres choses, que la conception de la rareté déployée par Sartre dans Critique de la Raison Dialectique est tout-à-fait d'actualité, horizon non seulement de pensée mais aussi de (sur)vie !

À bientôt, chers dinosaures.