jeudi 28 mai 2009

Le temps de l'être... vivant !

Comment pouvons-nous vivre ainsi !? Que reste-t-il de libre ? N'y a-t-il qu ela chute qui soit libre ? Il me semble que nous sommes en chute libre. Quelques débats, mais pourquoi toujours à côté de la plaque ? Pourquoi cette activité désordonnée, pourquoi ce frémillement d'insectes.

De grosses machines, celles de l'accumulation capitaliste, par exemple, poursuivent aveuglément leur course et dépassent leur but puisque l'empilement des marchandises devient absurde par l'excès : tant de choses sont produites qui ne seront jamais vendues. L'emballement de la machine nous réveille d'un rêve délirant. La machine à produire à la fin ne semble pouvoir produire que l'encombrement et la destruction du domaine viable.

C'est vertigineux, un moment arrêté, de se percevoir de côté, cette conscience qui vit à peine, presque complètement engluée dans les choses.

Pour le moment j'ai bien de la difficulté à écrire le texte de ce billet, parce que je voudrais le faire d'une manière exemplaire. Genre, "défense et illustration de la parole par un parlant" ou "défense de la vie par un véritable vivant". Parce que je sens trop bien ma faiblesse et mon irrésolution, parce que je vois que je m'engage à témoigner de quelque chose de bien plus grand que moi : LA VIE ! Parce que d'autres l'ont fait avant moi et avec de bien plus grands moyens. Je ne citerai ici pour mémoire que le nom de Nietzsche.

Parce que je n'ai même pas encore digéré ce printemps sinon entièrement pourri, du moins truqué pour moi et qui me laisse encore désorienté. Mais je vais revenir en temps opportun, puisque je peux réécrire les billets. Cependant je me suis aperçu, après avoir commis deux ou trois fautes, que je ne peux plus changer le texte des commentaires. Je ne peux que les supprimer ou les assumer, ou bien tout simplement les laisser subsister mais sans indifférence.

Cela signifie que je devrais faire plus attention, surtout lorsque je réponds à Jean-Marc, lui qui, apparemment, à dépassé le stade des fautes ! Je veux dire d'orthographe, mais peut-être aussi plus loin : bévues et méprises diverses.

Si c'est le temps d'être vivants, je me revois étudiant et je me dis qu'il est temps, si possible, de me remettre plus assidûment au travail. Si le temps est d'être vivant, où est passé l'énergie qui doit soutenir la passion !?

Au secours ? J'appelle à l'aide mais je ne suis pas seul...

mardi 19 mai 2009

le temps de l'Être

Difficile de trancher dans les questions ultimes. Je songe à cette pensée, question plutôt, en provenance de la tradition bouddhiste : >>Pensez à ceci : vous considérez-vous comme un être humain qui a une expérience spirituelle ou bien plutôt comme un être spirituel qui fait l'expérience d'un être humain ?<<

Je ne sais pas pour vous mais mon sentiment intime penche nettement du côté de l'être spirituel d'abord... ce qui est nettement contraire à l'interprétation sartrienne de l'existence comme précédant l'essence. Puisque, ici, je veux croire que l'essence est fondamentalement spirituelle. Je ne saurais jamais être, donc, rigoureusement matérialiste. C'est bien embêtant pour un marxiste, révolutionnaire !? ... Mais il est peut-être trop tard pour une révolution comme telle prolétarienne !?!? Disons pour le moment que c'est un autre problème.

Il y a donc des contradictions partout, jusques et y compris à l'intérieur de mon être, de ma pensée. C'est sûr qu'on peut penser bien longtemps à regarder dans le vague. Je prenais un bain et c'est ce que je faisais lorsque j'ai vu ce que je faisais et que je me suis demandé ce que pourrais faire de plus ou autrement. Alors, quand j'entre dans le bain, je me détends mais aussi j'entre dans ma résolution : je veux avancer dans le chemin de ma pensée intérieure.

Ultimement les attitudes divergentes de Sartre et de Heidegger sont indécidables : il y a du parti-pris légitime des deux côtés. Concernant l'ensemble possible des croyances Heidegger est finalement agnostique : il ne se prononce pas de savoir laquelle de l'essence ou de l'existence doit précéder, fonder?, l'autre parce qu'il voit devoir laisser la question ouverte.

Tandis que Sartre choisit une position délibérément et radicalement athée pour laisser la place libre à l'homme de construire son monde, dont il doit se rendre complètement responsable, laissant ouverte la question de savoir s'il faut des dieux et pourquoi, si l'homme pourra un jour prétendre s'équivaloir au pouvoir d'être plus grands, plus puissants, autrement placés sur l'échelle ontologique, si une telle "échelle" est concevable. En tout cas, moi, j'arrive à l'imaginer mais je sais que cela n'est pas une preuve.

Alors je vois qu'il faut réfléchir encore un peu plus profondément pour terminer la lecture de cette fameuse Lettre sur l'humanisme. D'ailleurs j'ai été éloigné de chez moi ces derniers jours et je reviens lentement à mes occupations habituelles. Je ne suis pas un surhomme et ceux qui y prétendent ne m'ont pas encore convaincus.

À bon entendeur, salut !

Jacques Perreault, dorénavant, et non plus Ph. Ph. !

mardi 12 mai 2009

La mystification de l'Être

Heidegger, dans sa Lettre sur l'humanisme, écrit (p. 57) : "La métaphysique pense l'homme à partir de l'animalitas, elle ne pense pas en direction de son humanitas."

Ne peut-elle pas faire les deux ? Je veux dire, est-ce une véritable alternative ? Est-il fatal que cela soit posé comme une dichotomie ? Cette manière de penser relève de la "méthode de la division" expliquée par Platon dans son dialogue didactique Le Sophiste qui n'est encore que la forme rudimentaire de la logique.

Heidegger semble exclure la possibilité qu'une métaphysique puisse lier et faire les deux : penser l'être de l'homme à partir de l'animalitas et aussi en direction de son humanitas. Celle-ci pourrait à la fois expliquer sa provenance matérielle et son émergence mentale et psychologique en direction du spirituel : la connaissance de la forme, unique et englobante, de l'univers, peut-être même (virtuellement) infini !

Je pense que Nietzsche réalise une telle pensée, dont Heidegger ne conçoit même pas la possibilité, parce qu'il oppose trop rigidement l'animalitas et l'humanitas et ne voit pas comment l'histoire du vivant passe de l'un à l'autre.

Quand il écrit, juste après, que "l'homme ne déploie son essence qu'en tant qu'il est revendiqué par l'Être", cela n'est qu'une pétition de principe. J'y vois de l'obscurantisme et de la poudre jetée aux yeux. Des générations d'intellectuels chagrins et extatiques, en attente du mystère presque ineffable, s'y seront laisser abuser.

L'image de la clairière est séduisante, bucolique même. Cependant l'anthropogenèse ne proviendrait-elle pas d'une suite de variations dans les agencements déterminés et matériels ? L'homme ne serait pas émergence à partir d'une complexification organique et unifiante ? D'ailleurs, l'"homme" est un concept vide et abstrait car jusqu'à preuve du contraire il y a surtout des hommes et des femmes existant dans toutes leurs différences variées. Certains même hésitent entre les deux sexes de diverses manières.

Je pense que Heidegger retombe dans une des formes de l'humanisme qu'il prétend critiquer lorsqu'il coupe l'homme de toutes les autres formes étantes. C'est une résurgence sournoise de l'orgueil chrétien refoulé de sa jeunesse. L'affect majeur de la pensée-Heidegger est l'orgueil, celui de Sartre, la générosité. Jugeons l'arbre à ses fruits. Faites comme vous voulez, moi je choisis mon camp : Nietzsche, Marx et Sartre (je n'ai pas dit Freud) contre Heidegger.

Le déni de l'organique n'est pas très subtil : "Autant vaudrait prétendre enfermer dans l'énergie atomique l'essence de la nature." (p. 59) Mais la physique moderne n'a absolument rien à faire, n'a aucun usage de la notion surannée d'"essence". Voilà où pointe l'oreille de la vieille métaphysique.

Marx dit déjà, en rupture avec le vieil humanisme : "l'essence humaine n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé, dans sa réalité c'est l'ensemble des rapports sociaux." (VIe thèse sur Feuerbach, traduction retouchée par moi JP). Ce qui signifie que pour émanciper les hommes, afin qu'ils deviennent pleinement humains, c'est-à-dire plus responsables de leur sort, il faut penser les formes de la société et transformer son agencement dans un sens qui élimine et pourchasse la part intolérable de l'injustice.

La notion de justice n'est pas non plus ici une essence planant dans les airs, mais elle se définit en fonction même de l'anthropogenèse : une société plus juste est celle qui donne la chance à chacun de développer ses talents et de contribuer à sa manière unique, les différences étant, plus que tolérées, reconnues comme valeur : la véritable richesse.

Diversité, richesse : oppositions, compositions : différences et affinement de la pensée sous la direction de l'affect moteur de la générosité. Ce que manque Heidegger c'est précisément le passage à travers le temps des formes de la matière de l'organique au mental et du mental au spirituel.

Dans le tournant, qui coïncide avec la dé-faite du nazisme, Heidegger se voit obligé de courber son orgueil, de jouer le jeu politique et poétique de l'humilité en quelque sorte, mais l'orgueil domine encore secrètement son œuvre de bout en bout et il restera jusqu'à la fin le donneur de leçons que les Allemands trouvent insupportable. C'est pourquoi afin de survivre philosophiquement il doit avoir recours aux Français, qui eux trouvaient insupportable la détermination sartrienne de ne pas jouer à cache cache avec sa liberté, devant la nécessité, autrement dit, de choisir son camp, sans la ressource de reporter aux calendes grecques l'improbable découverte de la vérité de l'Être.

Quand monsieur Heidegger dit que le renversement d'une proposition métaphysique reste une proposition métaphysique il ne dit pas aussi qu'il peut arriver qu'il en soit autrement. Dire que l'existence précède l'essence c'est changer le statut de l'existence si l'on dit aussi comment et pourquoi elle la précède : parce qu'elle la produit. Les seules "essences" sont produites par l'existence humaine, cette manière d'être qui construit des significations et du sens, des notions et des concepts aussi bien que des rêves et des chimères.

Et ne méprisons pas les forces qui résident, comme recelées et cachées dans les ressources renouvelées de l'imaginaire. Nous y reviendrons souvent sans doute dans cette œuvre en procès qu'est la présente publication, dans sa forme souple et tranchante.

Mais cette critique qui prétend attraper le défaut de la pensée de Sartre est formelle et stérile et ne doit pas faire illusion. Heidegger en reste au jeu de mots, renvoie à une érudition historique et se paye de formules creuses. Trop profonde ? O grand Être !

L'Être est la mystification de l'anthropogenèse, que Heidegger ne savait concevoir. La destination de l'Être qui est de destiner... le sens de l'être de l'homme, bien sûr, n'est pas une explication, c'est un procédé rhétorique circulaire. Voilà où j'en suis, pour le moment, de ma lecture de la Lettre sur l'humanisme. La suite est à venir quelque part la semaine prochaine.

Je suis pour le moment arrêté en haut de la page 81 (Aubier-Montaigne), là où Heidegger commence à expliciter son intuition de l'Être. Nous verrons si la suite amene du nouveau et qui pourrait, peut-être, renverser notre présente interprétation.

Y a-t-il, par exemple, une telle chose que "l'oubli de l'Être" ? Ou ne doit-on pas plutôt parler d'une découverte de l'univers. Gageons qu'il n'était pas d'abord connu quelque part dans l'œuf. Mais on dirait bien qu'un peu plus loin (p. 87) Heidegger confisque l'amitié de l'homme pour l'Être.

Alors, à bientôt, vous penseurs et vous aussi, simples mortels.

Ph. Ph.

dimanche 10 mai 2009

Sloterdijk le magnifique

La relecture de ce tout petit texte : Règles pour le parc humain, m'a fait encore plus forte impression, je crois bien, que la première lecture que j'en avais faite, quelque part en 2002... J'avais d'abord été alerté par un écho affaibli de la polémique qui avait fait rage en Allemagne entre Peter et Jürgen (Sloterdijk et Habermas), du moins dans les médias, parce que Peter, lui, maintien qu'il n'a pas comme tel ajouté un mot à ce discours prononcé une première fois en juin 1997 à Bâle, une deuxième fois en juillet 1999 sans presque changer un mot, dit-il.

C'est parce que la seconde lecture, plus distanciée de tout ce brouillage du message que constitue la controverse médiatisée comme un serpent qui se mord la queue, focalisant sur la dictature du spectacle (et de la publicité) et que les questions, en fait, LA question essentielle qui y est soulevée reviens plus fortement de sous la trame. Cette question, je la formulerais ainsi, dans la mesure où j'aurais bien compris un texte pourtant si simple mais volant tellement plus haut dans son intelligence sensible des problèmes en apparence les plus abstraits et universels.

"Monsieur Heidegger, vous qui vous présentez comme LE grand interprêtre de L'Être, que faites-vous de cette amitié que les hommes se doivent à eux-mêmes et entre eux en ces temps de détresse ? Que faites-vous des injonctions de Platon et relevées par Nietzsche concernant le souci de l'anthropogenèse, que l'apprivoisement soit conduit à bon port et considérant les époques qui s'étendent sur des millénaires ?"

La réponse que nous permet d'entrevoir Peter Sloterdijk dans sa communication incisive c'est que, prétextant s'occuper de telles questions, monsieur Heidegger à ce moment est surtout occupé à sauver sa peau. Il tente de retrouver une audience dans cet immédiat après-guerre où presque toute l'Europe était plongée dans la misère. Et voilà qui nous permet de situer tout ce débat autour de ce texte longtemps intriguant (au sens de mystérieux mais aussi au sens de complot sectaire) dans un contexte à la fois plus précis et plus vaste.

Ce temps était celui de la victoire de l'américanisme et du partage de l'Europe et du monde imposé par la solidité des positions prises par l'URSS. La guerre froide pointait déjà à l'horizon et les intellectuels les plus clairvoyants, se déterminaient déjà à choisir leur camp. Sartre embrassait le parti de l'homme, dans son inachèvement, mais essentiel : c'est-à-dire dans la problématique de sa liberté incontournable : ontologique. C'est là où Sartre voit l'appel de l'Être chez l'homme.

Dans ce contexte, Heidegger entreprend, par cette lettre, adressée à Jean Beaufret mais ensuite publiée librement, de se démarquer de cette mode tapageuse dont les échos lui parvenant ne manquaient certainement pas de l'agacer prodigieusement. Mais que le besoin d'explication, la faim de sens et même de philosophie descende dans les masses ne devrait pas être, en soi, un phénomène désastreux. Il importe sans doute d'encadrer ce mouvement et par les mises en garde prévenir les emportements les plus extrêmes, mais pourquoi s'employer à discréditer radicalement un penseur qui pourrait être un allié important ? Parce que c'est d'abord et avant tout un rival dont il faut atténuer l'influence. Sartre, même se réclamant de lui dans L'Être et le Néant fait de l'ombre à monsieur Heidegger. Un peu trop libre, sans doute, dans sa reprise (relève?) du problème de l'existant.

Quoiqu'il en soit je ne suis pas encore certain de ma position sur cette question du rapport des pensées de Sartre et de Heidegger, de savoir qui a raison, finalement... Je ne suis pas sûr de pouvoir évaluer exactement la portée des problèmes soulevés dans cette Lettre sur l'humanisme, et c'est pourquoi je vais dans les prochaines communications ici même en tenter une lecture modeste, qui va d'abord tenter de mettre à plat les saillies et problèmes qui accrochent, pour donner au texte sa chance de laisser venir son énergie propre et donc l'allant qu'il pourrait, encore aujourd'hui, nous communiquer. Mais par ce qui précède je ne cache pas que déjà je suis hanté par quelques gros doutes sur le rôle "angélique" de monsieur Heidegger. Chantre de l'Être ou avocat de l'allemand ?!

Ph. Ph.

mercredi 6 mai 2009

S'expliquer avec l'allemand

Les heideggeriens m'énervent, et pourtant je ne suis pas un ennemi de la pensée heideggerienne ! Ils entretiennent toujours les mêmes malentendus mais savamment mis en scène. Jusqu'à Gérard Guest (Gégé pour les intimes) qui refait le contresens, dans ses conférences consultées sur le site Parole des Jours (de Zagdanski) d'imputer la "mauvaise traduction" du dasein, "l'être (le)-là", dit-il, en "réalité humaine" à Sartre, dont le travail aurait influencé Corbin, tout cela rigoureusement "contemporain" disait-il. Dommage, je suivais avec espoir l'entreprise de lecture de Gégé et cette attente était confortée par sa recherche d'une "phénoménologie de l'extrême", que je pense trouver précisément chez Sartre.

Alors, tout cela me force à réouvrir à nouveaux frais cette polémique autour de la Lettre sur l'humanisme qui n'en finit plus, comme celle-ci, la Lettre, n'en finit plus de faire pièce à la (mauvaise) conférence de "L'existentialisme est un humanisme", prétendant dans le processus disposer, en le caractérisant, de l'ensemble de l'œuvre de Sartre.

Il me faut 1) relire cette Lettre sur l'humanisme, en résonance, comme l'indique Gégé, avec Holzweig et les Beitrage, 2) reprendre le contexte de constitution de L'Être et le Néant, toute la première manière sartrienne avec, bien antérieur l'article introductif de Corbin, examiner des prolongements de la polémiques, chez 3) Sloterdijk, notamment dans "Règles pour le parc humain" et "Éclaircissements sur l'éclaircie", 4) réexaminer le dossier monté par Meschonnic, après celui de Temps Modernes, dans sa critique du rythme heideggerien.

Le rendu du Dasein par une métaphore alors que l'on introduit pratiquement, en fait, pour une première fois en France la pensée de Heidegger qui s'engage à faire s'expliquer l'allemand (philosophiquement)n'est pas une si mauvaise chose, puisqu'il n'est pas question d'emblée de se situer à l'intérieur d'une pensée encore inconnue. Sartre survient ensuite, travaille bien plus tard, pas avant son séjour à Berlin en 1934, sur les textes de Husserl surtout mais aussi de Heidegger et commence à questionner ce qui advient de et par ladite réalité humaine.

Ensuite se déroulera toute cette histoire de la réception en France et des différentes tentatives d'appropriation de la pensée heideggerienne en ses différentes inflexions, avec l'ironie surjacente de Nietzsche, partout présente et qui se mêle finalement de ne pas vouloir ou la paix, dans l'"innocence du devenir".

Tout ce vacarme parle allemand et le mérite de Heidegger est certainement d'avoir amené cette langue à s'expliquer, sur les problèmes et avec les questions fondamentales. Je demeure convaincu que la langue royale de la philosophie après le grec sera le français, qui permet de se sortir des impasses de la forêt épaisse, car véhicule de la clarté la plus propre à décrire et maintenir l'ouvertude en l'éclaircie. Mais pour en arriver à ce résultat, il aura fallu en passer par l'explication avec l'allemand en tant que langue pensante.

dimanche 19 avril 2009

Un autre mythe moderne : le développement durable

Il n'y aura plus de développement durable. Oubliez ça, c'est fini. On y a cru longtemps. Beaucoup veulent encore y croire. Certains y croiront jusqu'à la mort. Mais cela n'est plus possible à l'examen lucide.

Rétrospectivement qui pourra dire qu'il n'y aura jamais eu, en fait, de développement vraiment durable!? Durable comment ? Rien ne dure éternellement. Mais on se berce de mots parce qu'il y a intérêt : intérêts à court terme, envie de lucre, avidité, instinct de conservation dans des positions de pouvoir dont l'apparence de solidité tient à l'intimidation.

À long terme tout le monde est mort et tout est fini mais en attendant et tant qu'il y a un peu de vie donc d'espoir aussi factice soit-il, on peut encore dégonfler quelques mythes.

L'exploitation sans frein des ressources matérielles, physiques du globe, nous privera bientôt de l'essentiel. Prenons l'exemple des métaux. Bientôt il n'y aura plus d'argent, le métal, à prospecter. Il en reste pour moins de 12 ans aux taux de consommation actuels par l'industrie ; pour le zinc, c'est 16... et ainsi de suite. Il paraît qu'il y a de l'or dans les voûtes... Allez-y voir !

Pendant un temps "on" pourra récupérer les vieilles carcasses, pour retaper les machines de guerre encore performante, un moment encore et jusqu'à la victoire finale... par défaut sans doute et du dernier prétendant à la domination d'un monde en ruine.

Le capitalisme aura donné alors son aboutissement ultime. Non plus une "immense accumulation de marchandises" mais une fois les boîtes ouvertes, les emballages-cadeau éventrés, le vainqueur trônera sur un gigantesque amoncellement de décombres.

La seule façon d'éviter cette catastrophe serait de se mettre dès à présent à gérer la décroissance. Mais nous ne voyons toujours rien venir et nous allons frapper le mur bientôt, bien trop tôt : en pleine gloire !!!

vendredi 17 avril 2009

joie et vp

progr. de construction : printemps émotions euphorie volonté de puissance brusque expansion joie orgasme et liberté

la joie est l'émotion par excellence du printemps c'est l'éclatement possible d'une nouvelle liberté un oiseau sort du nid et apprend à voler les cœurs se dilatent à la chaleur comme ce métal qui répond à l'amour

le moyen-âge grec Athènes et les dionysies peur des doriens

montée de la nouvelle sève passages de l'animal à l'homme de l'homme au divin...

Cet autre truc aussi est programmé depuis longtemps, mais je ne suis pas encore parvenu à le terminer. Misère ! Une chance encore que je puisse reprendre les morceaux et corriger les fautes.

lundi 13 avril 2009

Un pas vers plus de liberté...

En ce beau printemps, il faut réagir... Il faudrait... mais renaître ! Voilà ce qui serait digne d'un phénix, c'est-à-dire d'un vrai, véritable vivant. Même le serpent change de peau, le corbeau déploie ses ailes mais l'aigle monte plus haut, porté encore par les courants ascendants. Réagir ? Non, mieux, agir... pour faire face et refuser l'enfermement. Dans des tâches, dans un couple, un enfer partagé, une situation intolérable.

Chaque jour lorsque je me lève, souvent... il est trop tard pour partir du bon pied mais... les premiers pas restent toujours rattrapables ! Parce que tant que nous ne sommes pas mort, donc avant le dernier pas vers la tombe, une chance nous est offerte de changer notre vision, d'ouvrir notre esprit à de nouvelles dimensions, de dilater notre cœur pour l'amour retrouvé. Il restera toujours la chance d'un sourire ou de goûter du miel avant le plongeon final ou la fermeture définitive des lumières.

Chaque jour la chance nous est offerte de devenir meilleur. La marge de manœuvre apparaît bien petite lorsque la pression et l'urgence des tâches est la plus grande, mais sitôt que nous sommes de loisir, ne serait-ce qu'une minute, une chance ne nous est-elle pas donnée de philosopher, comme dirait Socrate!?

Le sommeil nous aide déjà beaucoup à reprogrammer nos pensées. C'est pourquoi il est sacré. Quiconque s'attaque à notre sommeil s'attaque à la fibre même de notre être. Mais comment prendre le contrôle de nos rêves ? Et comment agir dans le sens d'accroître l'espoir, d'augmenter la force de tenir nos engagements, de renforcer le courage de tenir, l'audace de faire reculer le mur des impossibilités ?

La méditation, sur notre être dans une juste posture ; le contrôle de la respiration, la régulation des rythmes de l'organisme et de la circulation du sang, une excellente oxygénation du cerveau installe la base d'une plus grande clarté et force de penser. C'est un yoga (mot qui signifie l'union du physique-organique avec le mental et le vouloir, capacité transcendante qui pourrait donner l'esprit).

C'est la base d'un renforcement du caractère humain aux capacités émergentes d'esprit à partir d'une reprise de contrôle de notre organisme animal, sujet à toutes les influences. Et c'est le premier pas d'une démarche de liberté, où les début de la réflexion sur notre être, en intériorité, et sur les atteintes du monde, selon les affects qu'il nous cause et informations que l'on trouve, en extériorité se conjuguent dans l'effort de synthèse qui transforme notre réflexion jusques et y compris vers l'autoréflexion de telle manière que nous savons de plus en plus de quoi il s'agit quand on parle des problèmes du monde et que nous connaissons mieux la place que l'on y occupe, ainsi que ce que nous voulons.

De savoir ce que nous pouvons et où sera notre action dans ce monde que nous voulons nôtre, de plus en plus vivable, et ouvert pour tous, dont il faudra cependant contrôler le nombre par une régulation réfléchie de la reproduction, permettant les ressources nécessaire au développement qualitatif des êtres libres que nous sommes. Voilà ce que je souhaite aux héritiers de ce monde et successeurs des dinosaures.

--Mais je ne suis pas en contrôle: pourquoi ai-je besoin encore de boire de la bière pour enfin finir par l'écrire ce truc!?

jeudi 9 avril 2009

insurmontable - assumer ?

Le fait que les mégatonnes s'accumulent sur nos têtes, virtuellement nucléaires et réellement en carbone dans l'atmosphère et modifiant le climat dans le sens du réchauffement que l'on commence à mieux comprendre ou croire... est écrasant. Cela semble un obstacle plus que jamais et je dirais même plus de plus en plus insurmontable pour la liberté qui, de type sartrienne, cherche indéfectiblement à s'assumer.

Assumer, encore, le pouvons-nous ? La position sartrienne est-elle périmée, elle-même dépassée parce que, comme le disait L.-F. Céline, le couvercle est sur le bocal ? Cette Lettre ouverte à l'agité du bocal est d'une suavité qu'il me faut reconsulter. Une conception du sujet humain basée essentiellement sur la liberté relative de l'affrontement, déchiffrée par les dialectiques attentives au terrain, se retrouve, de facto, en difficulté.

Les considérations de la simple survie en viendront, tôt ou tard, et mieux vaut plus tôt que plus tard... à dicter les possibilités de l'action. Et non plus les principes évolués de la recherche philosophique.

Nous sommes sous la fausse impression que nous avons du temps, la vie est confortable, un peu partout en occident, du moins. Nous avons encore le loisir de nous asseoir et de réfléchir, aux problèmes urgents, par exemple, et globaux... Mais justement parce que notre vie est, encore!, confortable parce que nous n'en savons pas assez, nous ne le faisons pas, nous n'en voyons pas l'utilité parce que nous ne ressentons pas l'urgence.

Nous aurions maintenant la chance de voir venir, mais nous ne sommes pas éveillés et ne nous soucions pas des lendemains. Recette parfaite pour une catastrophe, un effondrement et un massacre. Tout cela à la suite mais peut-être dans le désordre.

[Selon mon intuition phénoménologique panique je dirais que la catastrophe vient probablement avant le massacre parce que personne de grand pouvoir n'est encore assez fou pour déclencher cette catastrophe humaine que l'on nomme massacre. L'effondrement viendra lorsque nous ne pourrons plus nourrir le monde. Les gens. La masse. Le populo. La grande masse du peuple aura trop faim : c'est alors que commenceront les massacres.]



Cela sera intéressant d'observer le déboulement car la vie sera alors plus mouvementée, pour ceux qui peuvent encore se bouger… Les autres… bien, on n'aura plus les ressources pour s'en occuper et complètement les prendre en charge. Moi je me programmais une vieillesse heureuse… et longue… et sereine. 100 ans j'avais pensé. Je me croyais assez bon pour 100 ans !

>Bien, j'en ai à peine fait la moitié mais je me vois maintenant obligé de revoir mes plans. Est-il besoin de le dire : à la baisse ! J'ai 55 ans cet été. Dans trente ans, il y aura toute sorte de situations locales mais globalement "on" ne pourra plus nourrir qu'une faible partie de la population actuelle. Donc il est plus réaliste de penser que je ne serai pas du nombre, que je ne ferai donc plus partie de la population vivante.



Et vous, quels sont vos plans pour l'avenir ?! ...

Bonne chance à tous !

samedi 4 avril 2009

mégatonnes

Nous ne savons plus de quoi, tant lourdement elles s'empilent, ni desquelles il faut le plus se méfier : de TNT équivalent nucléaire ou gaz à effet de serre. De toutes les manières les mégatonnes nous enterrent. A terme nous sommes finis, comme n'importe quel être vivant, c'est normal, mais finis : détruits : comme une espèce qui enterre toute une histoire ... ??? Cela excède l'appréhension d'un simple individu, cela excède l'expérience et l'importance d'une vie. Une seule vie...

Pourtant, il n'y a que ça, en balance, avec l'infini, ou le néant, ou la fin : bien trop lourd : une vie !

L'infini, seulement virtuel ; le néant, bien trop proche, concret! ; la fin, programmée, attendue, prévue, sentie... pensée ? "Philosopher c'est apprendre à mourir..." Engagez-vous, ils disaient...

Retrouver son équilibre quand la tête tourne à ce point !... Cette crise pas seulement économique, assez gaspilleuse en fait, nous montre pourtant que le tapis nous glisse sous les pieds. Mais c'est encore pire et nous ne voyons pas le problème.

Si nous sommes fichus, comment puis-je continuer à vivre, comme si de rien n'étais !?... Si le temps nous est compté comme espèce, alors je sais que dès maintenant tout est faux ! Le moins que l'on puisse dire c'est que les règles ne sont point à jour. Et comment vivre avec cette conscience, comme si de rien n'étais ?

Il faut chercher à faire quelque chose mais pratiquement tout tient à la possibilité d'éveiller les autres. Pourtant ils me stigmatisent comme un exclu, l'intensité même de ma conscience me rend suspect pour eux. Et je peux difficilement leur parler alors qu'ils abandonnent les plus grandes puissances du langage.

Dilemme.

Pratique..

Existentiel...

Ah..

Ahhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!